Cultures et confiture

La culture sous toutes ses formes, un brin d'actu et un peu de pep's ! **********************************************************************

29 juin 2009

Douceur du temps

Nice

Dans mon travail, les vacances n'existent que par la réalité que je leur donne. Je suis rédactrice freelance, les commandes peuvent donc survenir au détour d'un vendredi après-midi (avec rendu le lundi), s'accumuler sans trêve durant plusieurs semaines avant de se calmer, tout aussi soudainement.


Organiser son temps devient alors un exercice aussi périlleux... que délicieux. Déjeuner en terrasse pendant deux heures, poursuivre sa promenade et rejoindre son ordinateur en fin de journée. Partir en week-end, au beau milieu de la semaine. Mais travailler un dimanche, ne pas avoir un mois de congés fixé dès le printemps, improviser, changer, jongler, s'adapter.
Ce rythme me vie me plaît car il est mon meilleur antidote contre l'ennui. Varier les rencontres, les projets, les horaires : un idéal que je ne pensais pas concrétiser dans ma vie professionnelle ! Bien sûr, il réserve sa part d'ombre et d'anxiété. Par chance, je m'en accomode plutôt bien pour le moment.

Ces derniers jours, j'accomplis avec plaisir mes différentes missions, bercée par la promesse des évasions prochaines...
Il y a eu ce week-end en Isère, avec un déjeuner parfaitement sublime ici
Il y aura ces quelques jours à Nice, dont je me réjouis comme d'un rendez-vous avec la Méditerrannée.
Puis une affiche de rêve lors de la feria de Beziers, qui me rend impatiente... La Douce Emeline, peut comprendre !
Au passage, un saut en Lorraine pour déguster des crêpes et voir mes grands-parents.

L'été enrobe Paris de sa chaleur, il fait beau. Je ne suis pas en vacances - mais ma tête, oui.
C'est l'essentiel, je crois ?

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26 juin 2009

Bad

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Surprise au réveil. Mauvaise surprise...
Comme une foule de gens à travers le monde, des souvenirs rappliquent.
Dans ma chambre d'ado sage, l'étagère réservée aux singles. Evidemment, certains titres de Michael Jackson que j'écoute en boucle bien calée sur mon fauteuil fétiche.
Au collège, cours de musique durant lequel nous entonnons "You are not alone". Classe de trente élèves, harmonie discutable.
Au lycée, cette fille fan de Michael qui consacre son exposé d'anglais à son idole.
La sidération face au danseur.
L'attrait inépuisable des images.
La prise de distance, Neverland et petits amis trop petits.
Mais toujours, ce respect qui dure.
Il y a quelques mois à peine, les frissons en redécouvrant le clip de Thriller.


Place du Châtelet aujourd'hui, j'achète le journal au kiosque. Un homme prend Le Monde après moi, la mine sombre. Soudain, nous prenant à témoin : "Ce sera dur de s'en relever. Il ne reste plus beaucoup de grands hommes. Churchill est mort, Michael Jackson aussi... et moi, j'ai 75 ans !"

Pas faux.

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21 juin 2009

Beaubourg, mon amour

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  Les expositions mises en place à Beaubourg ne ressemblent à aucune autre. Il y a tout d'abord cette esplanade géante, vilaine ou joyeuse selon les jours et les atroupements (les saltimbanques aident pas mal à faire passer la pilule). Puis le hall bariolé de tuyaux que l'on remarque à peine, tant l'espace est imposant. A la limite du majestueux ? N'exagérons pas. Mais dans l'impression, à mi-chemin de la salle des pas perdus et de l'antichambre de la NASA, il y a quelque chose qui capte le regard.


  Le visiteur-promeneur peut se contenter de cet aperçu : faire un tour à la librairie du rez-de-chaussée, pourquoi pas à l'espace "Printemps design" qui s'offre sur la mezzanine. Ou bien encore grimper au sixième (le panorama vaut le détour) pour boire un verre sur la terrasse, très classieuse - chaque table dispose d'un micro soliflore arborant une rose rouge, quoi de mieux ?

  L'expérience des lieux est bien différente pour le visiteur-amateur d'art. Il serait vulgaire de préciser que le hall semble nettement moins élégant lorsque vous y poireautez 30 minutes en avançant, façon escargot, au fil d'un sinueux parcours. Oublions ce malentendu ! L'art attire les foules, l'art motive les masses le samedi après-midi, c'est beau, c'est bien, c'est le signe d'un pays épanoui.
  On ne va pas non plus commencer à ricaner sur ce malheureux qui, au moment d'arriver à la caisse (instant béni, rêvé, ardemment souhaité), demande à son fiston (6 ans, l'air éveillé mais quand même) :
"Mince, j'ai oublié le nom de l'expo qu'on va voir. C'est quoi le type, son nom de famille ? Tu saurais m'aider ?". A cet instant, non seulement le petit perd à tout jamais confiance en son paternel - saura-t-il convoquer ce souvenir, plus tard, quand il sera en analyse ? - mais nous, visiteurs potentiels en attente de billets, on se marre. Bref. On est tous là pour la même chose, mais pas franchement de la même manière.

  Après avoir emprunté l'escalator le plus agréable de Paris (séparé des Invalides, du Panthéon, de la Tour Eiffel au loin par une simple paroie de verre) nous voici enfin rendus au but de notre balade. Beaubourg propose généralement trois à quatre expositions concomittentes, lesquelles ne sont pas nécessairement cloisonnées. Il est donc possible - pas toujours - de circuler entre les salles, de jeter un oeil à l'expo d'à côté, histoire de vérifier que l'on a bien fait de choisir la sienne. (J'ose espérer que tous les visiteurs ne sont pas si mesquins.)
  Le volume du lieu est tel que les oeuvres peuvent s'étendre à loisir sur une dizaine de salles. La visite relève alors autant de la découverte artistique que du marathon physique. Dans le meilleur des mondes possibles il faudrait "
Aller au musée comme à un rendez-vous d'amour". C'est à dire songer à une toile, une sculpture, se donner pour projet d'aller à sa rencontre. La contempler. Fort. En détails, tant qu'on le peut. Puis repartir, sans regard ni regret pour les autres pièces du musée - leur tour d'amour viendra. Ou peut-être pas. Comme en amour, le manque de ce que l'on ignore n'est pas une blessure, tout juste un brin de naïveté en plus.

  Voir une expo à Beaubourg, c'est aussi s'insérer dans un univers à part. On connaît la grandeur du Louvre, la grâce nouvelle du bien nommé Grand Palais. Mais Beaubourg ne ressemble à aucun autre édifice parisien. C'est bien, d'ailleurs, ce que certains lui reprochent. Moi aussi, à certains moments, sous certains angles particulièrement peu flatteurs (Attendez le bus 75 direction "Pont Neuf" à l'arrêt "Centre Pompidou", vous verrez ce que je veux dire.)

  Musée à la scénographie lookée, hideuse usine, paquebot flamboyant, hall de gare bizarre...
Un peu tout à la fois. Sans doute faut-il le recul des années, de l'habitude et des souvenirs pour l'adopter. Et encore. Est-on bien sûr de s'y faire un jour ? Non. C'est la raison pour laquelle on y retourne.

Actuellement :

* Alexander Calder, les années parisiennes 1926-1933. Jusqu'au 20 juillet. Une perle à ne pas manquer ! J'en parlerai.
* Kandinsky. Jusqu'au 10 août 2009
* Philippe Parreno. Jusqu'au 7 septembre 2009.

Renseignements sur www.centrepompidou.fr

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16 juin 2009

Lire et relire

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Comme beaucoup de collégiens, j'ai découvert Le Rouge et le Noir de Stendhal à 14 ans. A l'époque, le professeur de français avait eu le courage (que dis-je, l'audace !) de s'adresser à la classe : "Soyez francs : qui a lu ce livre en entier ?". Moment de vérité, trente gamins figés.
En réponse, quatre mains se levèrent timidement dans les rangs. Cruel métier que celui d'enseignant ! Parmi ces braves élèves, dociles et laborieux, figurait l'auteur de ces lignes. J'étais studieuse, bien sûr, mais surtout, avant tout, par dessus tout, la littérature faisait ma JOIE. Zola, Balzac, Flaubert, Emily Brontë et désormais Stendhal, me révélaient la vie sous un jour passionnant. Une vie troublante, ténébreuse, pleine de secrets d'alcôves, d'hommes et de femmes éperdus ou batailleurs, un univers de pensées grisantes, stimulantes.

A 14 ans, j'étais perdue. 
Donc, je ne me suis jamais arrêtée.

Cette première lecture du Rouge et le Noir m'a laissé des souvenirs séduisants, ambigus, dangereux. Parfait résumé de ce Julien Sorel que je me plais à imaginer sous les traits de Gérard Philipe. Une scène de conquête amoureuse estivale et nocturne, la main accordée par Mme de Rênal. La passion pour Bonaparte, à l'insu de tous. Un dénouement fracassant, après avoir réduit les coeurs en charpille.
Des souvenirs vagues. Plutôt des impressions.

Aujourd'hui, j'ai le double de mon âge d'alors. J'ai repris le texte de Stendhal en vieil ami, acquis pour la vie et cependant négligé. Quatorze ans de silence. Il a vécu, moi aussi. L'un sans l'autre. Au lieu de m'en punir, ce livre de poche jauni que je tiens de ma mère m'en a récompensée. Ce qu'il s'est passé ? J'ai compris. Tout ? Non. Mais mieux. Infiniment mieux. Avec mes tristesses, mes bonheurs, mes découvertes, mon indépendance, mes envies, j'ai compris cet espace essentiel, blotti entre les lignes.
Un regard adulte ? Pourquoi pas. Mais cela ne suffit pas. J'ai compris ce que mon passé, plus dodu aujourd'hui qu'hier, souhaitait que je comprenne.

Rendez-vous dans quatorze ans ?

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12 juin 2009

Aux portes de l'été

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Vue de Pallanza

Aux portes de l'été, les souvenirs s'affolent. Les années passées, les paysages aimés, ces lieux aperçus et déjà ancrés dans le coeur. Les proches, les cafés en terrasse, la lourdeur du soleil, le vent, la lumière qui pointe au-delà d'un feuillage, la mer.

L'un de mes souvenirs favoris me rammène près d'un lac. Pas n'importe lequel : le lac Majeur, dans le Nord de l'Italie. Si grand qu'on lui prête des allures de géant infini. Une mer à visage humain, près duquel on se sent bien, rassuré par sa quiétude, fasciné par son mystère.

La région des grands lacs italiens compte parmi les plus beaux coins de la Terre. Je ne l'ai pas visitée toute entière ? Peu importe ! Je sais. Que le Piémont est un espace de vie immensément fleuri, doux, méditerranéen, chaleureux, discret, luxueux, très simple. Au bord du lac, Stresa la flamboyante, les îles Borromées dont le seul nom fait voyager, plus haut, Locarno. Les façades ont ces couleurs ocres et jaunes qui séduisent les français habitués à moins de lumière. Le campanile du village indique les heures en délivrant un carillon mélodieux et cristallin. Une horloge qui donne envie de chanter ! Le matin, les bords du lac accueillent les grands-parents et leurs petits bambins, pédalant sur des vélos débutants. Joie de vivre une nouvelle journée près de cette eau qui apaise et mitonne une humeur en couleurs. A midi, terrasses et parasols. Puis la chaleur se plombe, on recherche la fraîcheur dans les églises, sous les pergolas, chez soi. Enfin la tombée du jour et le lac prend des allures de fête ! C'est le défilé des générations où se mêlent les jeunes filles pomponnés, les parents accompagnés de poussettes, les anciens habillés avec soin. Elégances multiples, chacun pour soi, à sa manière. Lungo lago, les conversations fusent et se croisent. Les touristent se font remarquer : en tenue de vacances, ils signalent leur différence mais sont vite acceptés, pour peu qu'un sourire les mettent à l'unisson de la soirée.

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Mon souvenir favori me rammène près d'un lac. Pas n'importe lequel : le lago Maggiore. Il borde Pallanza, la ville qui a vu naître et vivre une partie de ma famille, quand le dictateur n'avait pas encore fait régner sa loi... Une ville douce, avec des magniolas en fleurs et l'église où se sont mariés mes arrière-grands-parents.

Aux portes de l'été, je pense à ces étés où j'ai découvert une bribe de leur passé.    

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05 mai 2009

Cadeaux d'artistes, la création en fête

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L'un des charmes parisiens est sans conteste la variété des rencontres possibles. Curieuse, amatrice de bijoux, d'accessoires et de décoration, l'expo-vente "Cadeaux d'artistes" a tout pour me plaire !

C'est quoi ?
Au programme, des artistes et créateurs spécialisés dans la confection de bijoux, accessoires de mode,  objets de décoration, arts de la table ou dans l'univers de l'enfant. Les dernières collections seront proposées aux visiteurs à tarif atelier.
Last but not least, "Cadeaux d'artistes", évènement fondé sur l'échange autour de la création, fête en ce joli mois de mai ses sept bougies.

C'est quand ? et où ?
Cela se passe dans le 10e arrondissement de Paris (quartier Ô combien branché ! Ou promis à le devenir...) les 15, 16 et 17 mai prochains.
A noter : L'occasion de déjeuner auparavant au Président, fameux restaurant chinois du quartier Belleville : qualité et décor clinquant au rendez-vous (120, rue du Fg Du Temple).

Cadeaux d'artistes
Les 15, 16 et 17 mai 2009 de 14h à 21h
24, Place Sainte Marthe.
75010 Paris
M° Belleville ou Goncourt
Entrée libre.
Infos ici

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01 mai 2009

Madeleine Peyroux, retour à l'Olympia

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Avis aux amoureux de Madeleine Peyroux ! La chanteuse qui a su s'imposer en douceur sur la scène jazz sera de passage à l'Olympia les 4 et 5 mai prochains.

Je vous avais signalé sa dernière prestation dans ce haut lieu, en novembre 2006. C'était ici. Pour l'actualité, elle a sorti récemment un nouvel album : Bare bones, chez Universal. Un mélodieux cocktail de folk auréolé d'une grâce très "jazz".

Madeleine Peyroux
Olympia, les 4 et 5 mai 2009 - 20h.
Infos

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21 décembre 2008

Au coin du feu

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Décembre est un mois à part. Amoureux de Noël, blasé ou réfractaire, chacun nourrit son propre sentiment sur cette période où la fête s'impose : grands magasins, boulangerie du coin, illuminations des rues. Même les bouches de métro s'habillent de sapin, métro Jourdain !

Jamais, plus qu'à cette période, le contraste entre les bonheurs et les êtres ne se fait plus vivement sentir. C'est l'histoire d'un monde où l'inégalité foisonne, où les bons sentiments peinent à égayer les coeurs. Noël, pourtant, n'est jamais le même. Chaque année, il se redessine et la vie nous donne l'occasion de revoir cent fois notre jugement. L'arrivée d'un bambin rieur dans la famille, le plaisir d'un gâteau réussi, une odeur qui rappelle, la joie d'offrir un présent un peu exceptionnel : la fête, alors, existe.

N'évoquons pas les raisons de s'assombrir, elles sont connues de tous. Y compris de ceux qui sont heureux, cette année !

Pour ce mois de décembre où la chaleur des intérieurs gagne une infinie séduction, voici une petite sélection de livres à découvrir dans un coin de canapé, une tasse de thé à portée de main. Le plaisir de la lecture : rien de mieux pour rêver et voir du pays.

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Anne Perry est une romancière anglaise passée maître dans l'art des intrigues policières. Sa particularité ? Ses intrigues se tissent le plus souvent à l'époque victorienne. Raffinement de la langue, élégance toute britannique, et un suspense d'autant plus captivant qu'il nous conduit dans une époque au charme sûre. Comble du plaisir, Anne Perry a réalisé ces dernières années une série d'"Histoires de Noël" : La disparue de Noël, Le voyageur de Noël, Le détective de Noël et Le secret de Noël.

Dans ces bulles de grand style aristocratique, les mystères éclatent et viennent bouleverser les réveillons ! De véritables bonbons, relativement brefs, à croquer entre le Christmas Eve et le Nouvel an.

9782253119012_1_ 9782253119029_1_  La série Maisie Dobbs, créée par Jacqueline Winspear est encore méconnue en France. Parus chez Le Livre de Poche, les deux premiers volets rassemblent pourtant tous les arguments et les charmes pour retenir durablement !
L'histoire ? Maisie Dobbs, jeune fille d'une famille modeste dans l'Angleterre de la fin du XIXe, est d'une intelligence aiguisée. Engagée très jeune comme employée dans la demeure de Lady Rowan Compton, elle se cache chaque nuit dans la bibliothèque de ses maîtres pour lire. Un esprit doué, vite remarqué par Lady Compton qui lui permet de suivre des études... Au bout de ce chemin, affrontant les différences de classes et les labeurs intellectuels, une carrière de détective se dessine sur fond de première guerre mondiale.

Parcours initiatique, découverte de l'amour, gourmandise intellectuelle et plongée dans les secrets de la Grande Guerre :
Maisie Dobbs offre l'addiction d'une intrigue joliment ficelée et le bonheur d'un texte délicat, simple, très efficace. Testé et approuvé par tous ceux qui l'ont approchée !

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17 décembre 2008

Battuta, une fête pour les Fêtes !

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Dans notre société folle, un homme étrange existe. On ne sait pas grand'chose de lui, si ce n'est qu'il atteint des miracles avec les chevaux. Il fait mieux que les dresser, les dompter, les faire parler : il les fait danser. Tout bêtement.
Bartabas est un magicien du galop et du bonheur sur piste. Son dernier spectacle,
Battuta, suscite une avalanche d'enthousiasme depuis maintenant trois ans. Au théâtre Zingaro, à trois pas du métro, Porte d'Aubervilliers, vous pouvez encore découvrir le spectacle jusqu'au 31 décembre 2008

Voir Battuta, c'est goûter un peu de cette joie d'enfance, extasiée, toute simple et pourtant difficile à retrouver, en cet âge que l'on dit "adulte". La grandeur nous rend nigauds : on fait des mines, on exige. On songe au prix de sa place (l'adulte peut être mesquin), on cogite sur les mises en scène, fine bouche ici, dédain par là. Parfois on s'amuse, évidemment ! certains savent le faire mieux que d'autres, c'est évident.
Mais la liberté de joie donnée par
Battuta est assez rare pour la signaler, très fort. Pour preuve, les publics qui  se marrent, sourient, s'étonnent, 1h15 non-stop. Tout le monde est conquis : des bobos d'Avignon, aux bourgeoises en fourrure, des gamins de cinq ans aux parents. Un régal, vivement recommandé pour finir l'année en beauté !

Battuta, jusqu'au 31 décembre à 20h30.
Théâtre Zingaro
176, avenue Jean-Jaurès 93300
AUBERVILLIERS
M° : Fort d'Aubervilliers (ligne 7)

Les réservations se passent par .

Pour ceux qui n'auront pas la chance d'applaudir ce spectacle, un DVD est disponible.

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20 euros

            

Pour ce spectacle, Bartabas a choisi de nous étourdir de vitesse et de galop. Les acrobates gesticulent, jouent du violon, jettent et rattrapent leurs chapeaux sans jamais quitter le rythme infernal des chevaux, lancés à tout-va, trop heureux de se dégourdir les muscles sous les lumières. On passe d'un mariage à un autre, d'une cavalcade à un macchabée. Le tout, délicieusement fagoté de dentelles et vestons noirs. Les musiciens, à cordes et à vent, en remettent une couche sur la vitesse. On vibre tzigane, tout du long.
On ressort amoureux de Zingaro, ce théâtre de bois où les cheveaux sont rois.

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20 novembre 2008

Partir, loin !

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Il est des moments où l'on se rêverait ailleurs, dans une contrée magique auréolée de verdure, de douceur et de bienveillance. Cette photo peut y faire penser. Elle a été prise à Dublin cet été, dans le merveilleux jardin de St Stephen Green : un ilôt de fraîcheur, fait de petits ponts, étendues d'eau, bosquets sauvages et massifs fleuris.

En Irlande, on devine une gentillesse bien rare du côté de chez nous (c'est une parisienne aimant Paris et la France qui l'écrit). A peine débarqué de l'avion, vous scrutez votre plan dublinois. Trois minutes ne se sont pas écoulées que votre voisin de bus vous propose son aide. Vous peinez à identifier la composition d'une sauce, au restaurant : le garçon zélé s'empresse de vous apporter un échantillon de la dite sauce, dans un petit récipient. Au musée ? Une gardienne élégante s'intéresse à votre cas, vous aiguille dans le dédale de salles, s'enquiert de votre séjour et de votre origine. Vous salue en vous serrant la main. Pourquoi s'étonner de ces attentions souriantes, visiblement évidentes ? Parce qu'il n'en est pas toujours de même, dans le beau pays de France.

En ce 20 novembre pluvieux, les enseignants de la maternelle à l'université manifestent, car l'éducation souffre d'être trop malmenée (soyons clairs : le CAPES s'apprête à disparaître, les professeurs assureront approximativement deux matières, la formation se faisant sur le tas, les études littéraires seront prochainement saccagées - tout ceci, quand c'est précisément l'absence de subtilité intellectuelle, d'explication claire et limpide, de force des mots et des arguments qui nous poussent chaque jour plus vite dans la tiédeur concédée.)
Le ministre affirme que la grève est "démodée" quand, six mois plus tôt, nous célébrions avec passion et insistance les quarante ans de mai 68.
Les chaînes privées s'apprêtent à recueillir une nouvelle part de ce gros gâteau financier, appelée "baisse des taxes" sur les publicités, quand la même publicité est invitée à disparaître sur les chaînes publiques, par la volonté d'un seul, aux fumeuses priorités.
Devant la boulangerie ce matin, un homme comptait et recomptait dans sa main quelques pièces jaunes, visiblement insuffisantes à lui assurer son pain. Il était noir, plein d'allure, et pieds nus. Ce qui choque les passants.
L'autre jour, victoire d'Obama, mon kiosquier "de couleur" trinquait avec deux clients. Joie simple sur les visages. Plaisir partagé, dans un quartier dit "populaire".
Les motifs de réjouissance sociale sont rares. Il faut s'en emparer avec avidité, s'en délecter, parce que le temps sera long avant d'y goûter à nouveau.
Et dans ces instants de ras-le-bol et de malheur, tout miser sur l'avenir, l'espoir et sur soi-même.
Car les contrées verdoyantes attirent, mais c'est ici que la vie se passe. Droit devant, les yeux ouverts.

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